LA BRITCHE

Published on June 18 2013

Mon dernier article avant début juillet, bonnes vacances pour ceux qui partent.

LA BRITCHE

J'ai retrouvé la trace du jeu de mon enfance que j'appelais la "Taillette" (j'en parlais sur ce blog le 13 octobre 2011), j'y jouais il y a plus de 50 ans avec mes petits camarades maghrébins, je croyais d'ailleurs que c'était un jeu d'Afrique du Nord.

[Merci au visiteur inconnu qui m'a mis sur la piste !]

Avec nos canifs (nous en avions tous un, et aucun blessé), nous préparions à moindre coût ces trois pièces en bois (branche ou balai de maman) :

C'EST UN JEU ANCESTRAL WALLON.

La « britche » est un jeu qui, par certains de ses aspects peut faire penser au golf (imaginez donc un « green » aux Hayettes !) au base-ball ou, pour rester wallons, à la balle au tamis. On l'a joué vraisemblablement jusque dans les années 30.

Le matériel nécessaire consiste en un tronçon d'une quinzaine de centimètres d'un manche de brosse effilé à ses deux extrémités et en un bâton d'une cinquantaine de centimètres.

Un grand espace rectangulaire est délimité, le plus loin possible des fenêtres des maisons. C'est à l'intérieur de ce périmètre que la partie va se jouer.

A Gougnies, les dégagements à la jonction des rues des Hayettes et de Sart Eustache ainsi que devant « la maison de l'instituteur » étaient particulièrement prisés.

Le jeu se dispute entre deux équipes de deux partenaires. Chacune est composée d'un « lanceur » et d'un « intercepteur ». A l'une des extrémités du terrain, un premier lanceur frappe la « britche » sur l'une de ses pointes, ce qui a pour effet de lui imprimer un bond. Il s'agit alors, tant qu'elle est en l'air, de la frapper à nouveau afin de l'envoyer le plus loin possible vers le fond du terrain. Là où elle tombe il faut à nouveau la relancer selon le même processus même si, comme au golf, elle s'est immobilisée de façon contrariante. On a droit à trois tirs, sauf si l'intercepteur de l'équipe adverse est parvenu à se saisir de la britche en vol et, si c'est le cas, la main passe à l'équipe qui l'a interceptée et le jeu recommence.

Si l'on réalise sans anicroche trois tirs, rien n'est encore gagné, encore faut-il que l'équipe prétendant à la victoire estime en nombre de longueurs du bâton la distance entre le point de départ et l'endroit où la britche a finalement échoué. Il faut avoir l'œil car le nombre de bâtons annoncés sera celui de points gagnés, mais si l'on a été trop optimiste et que l'étalonnage révèle un seul bâton de trop, tout est perdu ! Oups !

Ce jeu se jouait aussi dans la région liégeoise puisque le dictionnaire liégeois de Jean Haust, d'où est tirée cette illustration l'évoque. A Liège, on l'appelait la « brîse » et à Huy la « bètch ».

Il se joue également chez les voisins picards et s'appelle la « Djise » ou la « Guise », et comme il disent en Picardie : Ch'ju d'dgise !

Voilà comment dans les années 50/60 nous nous amusions dehors sans les game-boys avec des enfants d'immigrés d'Afrique du Nord que nous pouvions traiter de tous les noms (les "bougnoules" fusaient) sans haine ni conséquence.

Written by Patricia Putnam

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